Revers pour Tesla : Mobileye convainc un géant américain tandis que les ventes de Musk plongent en Europe

L’industrie automobile traverse une phase de turbulences marquée par deux tendances contradictoires pour les acteurs de la conduite autonome et électrique. Alors que l’américain Tesla voit son hégémonie commerciale s’effriter sur ses marchés clés européens, son approche technologique est indirectement désavouée par une nouvelle victoire stratégique de son rival israélien, Mobileye Global.

Une validation de l’approche radar par l’industrie traditionnelle

Dans un contexte où les constructeurs redoublent d’efforts sur les technologies de véhicules autonomes, Mobileye vient de sécuriser un contrat majeur qui sonne comme un rejet de la philosophie « tout caméra » prônée par Tesla. L’entreprise israélienne a annoncé qu’un constructeur automobile américain figurant dans le « top 10 » allait adopter son logiciel d’aide à la conduite (ADAS) Surround.

Ce système repose sur une architecture combinant jusqu’à 11 caméras et radars, le tout piloté par une puce unique, une configuration que Mobileye présente comme économiquement efficiente. Cette technologie permet une conduite « mains libres » dans des zones désignées, tout en exigeant que le conducteur garde les yeux sur la route. Ce choix technique par un grand constructeur américain démontre une préférence marquée pour la redondance des capteurs (caméras plus radars), s’éloignant ainsi de la stratégie de vision pure défendue par Elon Musk.

Désamour croissant au Royaume-Uni

Pendant que ses choix technologiques sont contournés, Tesla affronte une réalité commerciale brutale outre-Manche. Les dernières données industrielles révèlent une chute significative de la demande au Royaume-Uni, le plus grand marché européen de la marque. En décembre, les immatriculations de Tesla ont dévissé de plus de 29 % par rapport à l’année précédente, tombant à 6 323 unités selon les chiffres de New AutoMotive.

Le bilan annuel pour 2025 n’est guère plus reluisant, affichant un recul de 8,9 %. Plusieurs facteurs expliquent cette désaffection : une gamme de véhicules vieillissante qui peine à se renouveler, une concurrence de plus en plus agressive et, selon certains observateurs, les prises de position politiques controversées d’Elon Musk qui semblent avoir terni l’image de la marque en Europe.

La montée en puissance de la concurrence chinoise

Si Tesla conserve pour l’instant sa position de leader de l’électrique en Grande-Bretagne, l’écart se resserre dangereusement. Le rival chinois BYD profite directement des faiblesses de l’américain. Ses immatriculations ont explosé en décembre, multipliées par près de cinq pour atteindre 5 194 unités.

Cette dynamique locale reflète une tendance mondiale plus large. Tesla a d’ailleurs dû céder sa couronne de premier constructeur mondial de véhicules électriques à BYD, après avoir rapporté une deuxième année consécutive de baisse des ventes annuelles. La fin des crédits d’impôt américains et le « backlash » contre la marque continuent de peser lourdement sur ses performances.

Une tendance lourde sur le continent

Le malaise de Tesla ne se limite pas au sol britannique. Les Pays-Bas, autre marché baromètre pour l’électrique, affichent des résultats alarmants : les immatriculations y ont chuté de 27 % en décembre (4 300 véhicules), contribuant à un effondrement annuel de 44 % pour 2025, d’après l’association RAI Vereniging.

Paradoxalement, le marché automobile britannique dans son ensemble se porte mieux. Selon les données préliminaires de la SMMT (Society of Motor Manufacturers and Traders), les immatriculations de voitures neuves ont grimpé de 3,5 % en 2025 pour atteindre la barre des 2 millions, un niveau inédit depuis la pandémie. Toutefois, Mike Hawes, directeur général de la SMMT, nuance cet optimisme : si l’adoption croissante des véhicules électriques est indubitablement positive, le rythme reste trop lent et les coûts pour l’industrie demeurent préoccupants.