Google Pixel 10 et 10A : Entre grandes ambitions, compromis techniques et exclusivités nippones

Chaque année, l’arrivée des nouveaux fleurons de Google constitue un événement majeur sur le marché de la téléphonie. Face à la concurrence acharnée menée par des géants comme Samsung et Xiaomi, la firme de Mountain View a toujours su tirer son épingle du jeu grâce à sa maîtrise logicielle et ses exploits en photographie computationnelle. Pour cette nouvelle génération, la stratégie du constructeur semble claire, mais elle s’opère à deux vitesses. D’un côté, la marque tente de rendre son Pixel 10 standard beaucoup plus attractif en y intégrant des fonctions premium. De l’autre, elle déploie un Pixel 10A inédit pour célébrer son dixième anniversaire, avec une édition spéciale ciblant spécifiquement le marché japonais.

Le pari du téléobjectif et ses dommages collatéraux

Pour la toute première fois, Google a fait le choix d’équiper son modèle de base d’un téléobjectif optique x5, une caractéristique technique qui restait jusqu’alors la chasse gardée des versions Pro plus onéreuses. Cette initiative permet au Pixel 10, dont le prix de lancement se maintient symboliquement sous la barre des 1000 euros, de gagner fortement en polyvalence. Les clichés issus de ce nouveau capteur sont d’ailleurs très convaincants. Cependant, cette apparente montée en gamme cache des choix matériels beaucoup plus discutables.

Afin d’amortir le coût de ce zoom, le module photo principal a été remplacé par celui du Pixel 9a. Résultat, les performances régressent par rapport au Pixel 9, avec l’apparition notable de bruit numérique lors des prises de vue en basse lumière. L’ultra grand-angle subit lui aussi une baisse drastique de sa définition. Évidemment, la magie des algorithmes de Google compense en grande partie ces lacunes matérielles, mais les puristes de l’image ressentiront inévitablement cette baisse de régime.

Une autonomie en chute libre

L’arbitrage technique de Google déborde également sur d’autres composants essentiels de l’appareil. Les tests en laboratoire révèlent un recul particulièrement frustrant au niveau de l’autonomie. Alors que le Pixel 9 tenait fièrement près de 24 heures lors de nos essais de lecture vidéo en 4K, son successeur s’épuise au bout de 19 heures et 40 minutes seulement. C’est une véritable contre-performance, d’autant que le temps de charge stagne à plus d’une heure et demie pour retrouver une batterie pleine. Un détail supplémentaire vient ternir la fiche technique : le passage inexpliqué du Wi-Fi 7 au Wi-Fi 6E.

Le tableau n’est heureusement pas sombre sur toute la ligne. L’appareil brille toujours par son design soigné et sa prise en main particulièrement agréable. Son écran OLED a nettement évolué, offrant un pic de luminosité qui garantit un excellent confort visuel en toute circonstance. Côté moteur, la nouvelle puce Tensor G5 assure des performances solides tout en ouvrant la voie à des fonctionnalités d’intelligence artificielle très pratiques, même si plusieurs d’entre elles se font encore attendre sur le territoire français. S’ajoute à cela un suivi logiciel exemplaire promis sur sept ans.

Le Japon choyé par une édition spéciale anniversaire

Pendant que le Pixel 10 tente de justifier ses compromis, la gamme s’étoffe d’une manière inattendue de l’autre côté du globe. Pour marquer le dixième anniversaire de sa ligne de smartphones, Google lance une version exclusive de son Pixel 10A au Japon. Baptisée « Isai Blue », cette édition d’un bleu profond se démarque par une série d’éléments esthétiques conçus en partenariat avec la société d’art japonaise Heralbony. Le téléphone est livré avec des fonds d’écran spécifiques, des icônes sur mesure, des autocollants exclusifs et une coque de protection unique.

Cette version spéciale débarquera sur les étalages nippons le 20 mai, emboîtant le pas au Pixel 10A classique commercialisé depuis le 14 avril dans ses coloris standards (lavande, baie, brouillard et obsidienne). Proposée au tarif de 94 900 yens, soit approximativement 595 dollars, l’édition Isai Blue embarque 256 Go de stockage. Elle s’avère même légèrement moins chère que l’équivalent américain de même capacité, tout en offrant ces bonus créatifs sans le moindre surcoût.

La création de ce modèle exclusif reflète l’excellente santé de Google sur ce marché asiatique. Les données du cabinet d’analyse IDC soulignaient d’ailleurs qu’en 2023, la série Pixel 7 avait réussi à capter 10,7 % des parts de marché au Japon. Une ascension fulgurante qui représentait une croissance de 527 % par rapport à l’année précédente, justifiant pleinement les efforts actuels du constructeur pour séduire ce public clé.