Abidjan s’est recouverte d’un drap noir, signe de deuil. Deux morts dans la nuit du 10 au 11 mai 2018, quinze morts dans la nuit du 18 au juin 2018 p19 jour les mêmes raisons: les inondations consécutives aux pluies diluviennes.
L’opération lancée par le Gouvernement ivoirien et baptisée “Zéro mort” en saison des pluies donne son verdict: c’est de la poudre de perlimpinpin.
Ce ne sont pas les bonnes intentions qui ont manqué. En 2011, l’État a porté sur les fonts baptismaux l’Office national d’assainissement et de drainage (ONAD). Placé sous la tutelle du ministère de la Construction et de l’Urbanisme, ses activités ont été officiellement lancées le 18 avril 2014.
En 2016, un milliard de nos francs a été officiellement décaissé pour les travaux de drainage et d’écoulement des eaux usées et pluviales, afin de parvenir à cet objectif de “zéro mort”.
Mais c’est le ministère du Développement durable et de l’assainissement qui a souverainement géré cette enveloppe, loin de l’ONAD. De plus, le comité de veille mis sur pied a bien veillé dans les bras de Morphée et Abidjan a compté ses morts.
Le 16 mai 2018, après l’alerte à la mort du 11 mai, le Gouvernement a annoncé un plan d’assainissement d’un coût de 530 milliards de nos francs sur la période 2018-2033.

Un comité interministériel a vu le jour et un plan d’urgence avec le gouverneur du district d’Abidjan et les maires a été élaboré. Échec et mat. Abidjan compte ses morts.
C’est zéro pour l’opération “Zéro mort” surtout que l’État, pour ne pas dédommager les victimes, ne décrète jamais l’état de catastrophe naturelle. Et il ne serait pas alors impossible que le Gouvernement, impuissant comme face à la situation de pénurie d’eau à Bouaké (capitale de la région du Gbèkè et 2è ville du pays), demande aux habitants du pays en général et aux Abidjanais en particulier de confier, par des prières, leur sort au Tout puissant avec ces pluies torrentielles qui détruisent tout sur leur passage; changement climatique oblige.
F. M. Bally