Par Ferro Ballly

 

Ce qui ne devait être qu’une simple formalité s’est transformé en guerre fratricide ivoiro-ivoirienne dont Rabat (capitale du Maroc) sera le théâtre des opérations les vendredi 14 et samedi 15 juin 2019. 
Au pays du roi Mohamed VI, la section Afrique de l’Assemblée parlementaire francophone (APF) va désigner le prochain successeur du Quebecois François Paradis à la tête de l’organe consultatif de la Francophonie. Celui-ci sera adoubé à Abidjan, à l’occasion de la 45è session annuelle (5-9 juillet 2019).
Mais la Côte d’Ivoire part en ordre dispersé, étalant sur la place publique sa division. Sur le ring, deux candidats déclarés: Alassane Ouattara qui livre, à travers Amadou Soumahoro, bataille par procuration et Soro Kigbafori Guillaume. 
Mêlée à son insu à la guéguerre, l’APF est dans un profond embarras: va-t-elle lâcher son candidat naturel ou tourner le dos à l’hôte de sa 45è session annuelle!? 
Car Soro Guillaume n’est plus le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, mais il est le président de la section Afrique et 1er vice-président du bureau de l’APF. 
Reçu par les autorités royales marocaines, il va donc présider la réunion de Rabat et selon l’article 10.5 des Statuts de l’Assemblée, “le premier vice-président a vocation à succéder au président lors du renouvellement du bureau”. 
Mais il n’aura pas la part belle. Ouattara s’est engagé à lui barrer la route, en présentant son jocker, Amadou Soumahoro, son successeur au perchoir. Qui fait feu de tout bois.
Entre l’exercice du droit démocratique et la raison d’État, la Francophonie se trouve ainsi prise entre le marteau et l’enclume au pays où le repas “attiéké et poisson fumé” (apf) est très prisé.