17 milliards de francs CFA : perte occasionnée par l’exportation frauduleuse des noix brutes de cajou en 2017. Selon le Conseil du coton et de l’anacarde (CCA), 50.000 tonnes ont fuit l’an dernier vers les pays limitrophes. C’est le fait de trafiquants que rien ne semble effrayer. Pas même les menaces de l’organe de régulation à chaque campagne de commercialisation. La frontière Est (avec le Ghana) est particulièrement active. Moins de 2 mois après le lancement de la traite 2018, environ 10.000 tonnes ont déjà indûment traversé cette frontière pour se retrouver au Ghana. La direction générale des douanes a décidé d’être en première ligne, dans la lutte contre ce trafic nuisible à l’économie ivoirienne.

L’exportation de l’anacarde vers le Ghana a fait reculé le Gontougo de sa place de première région au niveau de la production, a rappelé Adama Coulibaly, directeur général du CCA. Il veut cogner les fraudeurs où ça leur fait mal : vendre les contenus de leurs camions qui seront pris dans les filets. À toute personne qui permettra aux comités de veille de mettre le grappin sur un chargement frauduleux en dénonçant, 20% de la vente lui seront reversés. Offre alléchante. Mais qui peut ne pas suffire pour venir à bout du problème. Selon des informations concordantes, gendarmes, policiers, douaniers, militaires… sont souvent complices des trafiquants. Le ver est-il dans le fruit ?