{"id":117,"date":"2026-05-26T15:39:04","date_gmt":"2026-05-26T14:39:04","guid":{"rendered":"https:\/\/sourceinfo.ci\/?p=117"},"modified":"2026-05-26T15:39:04","modified_gmt":"2026-05-26T14:39:04","slug":"leconomie-verte-a-deux-vitesses-de-lopportunisme-financier-en-inde-au-pari-amazonien-du-bresil","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/sourceinfo.ci\/?p=117","title":{"rendered":"L&rsquo;\u00e9conomie verte \u00e0 deux vitesses : de l&rsquo;opportunisme financier en Inde au pari amazonien du Br\u00e9sil"},"content":{"rendered":"<p>La finance dite &laquo; verte &raquo; et la bio&eacute;conomie recouvrent aujourd&rsquo;hui des r&eacute;alit&eacute;s si disparates qu&rsquo;elles peinent &agrave; tenir dans une seule et m&ecirc;me d&eacute;finition. Si l&rsquo;on observe la dynamique actuelle, on assiste d&rsquo;un c&ocirc;t&eacute; &agrave; des redressements comptables fulgurants au sein de petites capitalisations asiatiques, et de l&rsquo;autre, &agrave; des montages &eacute;tatiques massifs en Am&eacute;rique latine. Deux salles, deux ambiances pour une m&ecirc;me toile de fond : la difficile structuration d&rsquo;une &eacute;conomie v&eacute;ritablement durable.<\/p>\n<p>Prenez le cas de Real Eco-Energy Limited en Inde. La bo&icirc;te revient litt&eacute;ralement de nulle part. Alors que son conseil d&rsquo;administration s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; se r&eacute;unir le 29 mai 2026 pour statuer sur les r&eacute;sultats du quatri&egrave;me trimestre et de l&rsquo;ann&eacute;e compl&egrave;te &mdash; un rendez-vous impos&eacute; par le r&egrave;glement 29 du SEBI &mdash;, les chiffres du troisi&egrave;me trimestre, d&eacute;j&agrave; valid&eacute;s le 13 f&eacute;vrier dernier, donnent le tournis. Sur cette p&eacute;riode achev&eacute;e fin d&eacute;cembre 2025, l&rsquo;entreprise a engrang&eacute; 87,04 lakhs de roupies de chiffre d&rsquo;affaires. Une sacr&eacute;e prouesse quand on sait que les caisses sonnaient d&eacute;sesp&eacute;r&eacute;ment creux &agrave; la m&ecirc;me &eacute;poque l&rsquo;ann&eacute;e pr&eacute;c&eacute;dente. En serrant la vis sur les d&eacute;penses, plafonn&eacute;es &agrave; 2,94 lakhs (en l&eacute;g&egrave;re baisse de 2,33 %), le b&eacute;n&eacute;fice net s&rsquo;est envol&eacute; &agrave; 84,10 lakhs, effa&ccedil;ant d&rsquo;un revers de main le d&eacute;ficit de 3,01 lakhs de l&rsquo;exercice pr&eacute;c&eacute;dent. Logiquement, le b&eacute;n&eacute;fice par action (BPA) basique repasse dans le vert &agrave; 0,08.<\/p>\n<p>Sur les neuf premiers mois de l&rsquo;exercice, la dynamique ne faiblit pas. Les revenus cumul&eacute;s atteignent 124,07 lakhs, tirant le b&eacute;n&eacute;fice net &agrave; pr&egrave;s de 43,86 lakhs de roupies, loin de la perte de 9,65 lakhs encaiss&eacute;e un an plus t&ocirc;t. Mais l&rsquo;ironie de l&rsquo;histoire, pour une entit&eacute; baptis&eacute;e &laquo; Real Eco Energy &raquo;, r&eacute;side dans la provenance exacte de ces liquidit&eacute;s. Th&eacute;oriquement, l&rsquo;entreprise est cens&eacute;e op&eacute;rer sur quatre fronts : la construction, les m&eacute;dias, le biodiesel et le n&eacute;goce. Dans les faits, c&rsquo;est purement la branche trading qui porte la structure &agrave; bout de bras, g&eacute;n&eacute;rant l&rsquo;int&eacute;gralit&eacute; des revenus trimestriels et sur neuf mois. Le segment biodiesel, tout comme les autres, affiche un enc&eacute;phalogramme absolument plat. Sur le plan de la gouvernance, la m&eacute;canique est bien huil&eacute;e : les normes comptables indiennes (Ind AS) sont scrupuleusement respect&eacute;es, et le cabinet N.S. Nanavati &amp; Co. a valid&eacute; le tout avant le coup de tampon du directeur g&eacute;n&eacute;ral, Dharm Swetank Patel. Pour les amateurs de petite capitalisation, le titre s&rsquo;&eacute;change sur le BSE (code 530053, mn&eacute;monique REALECO) depuis leur si&egrave;ge du Karm Corporate House, &agrave; Ahmedabad dans le Gujarat.<\/p>\n<p>Changeons de focale et de continent. Pendant que certaines bo&icirc;tes indiennes optimisent leurs op&eacute;rations de n&eacute;goce pour sortir de l&rsquo;orni&egrave;re, le Br&eacute;sil, lui, sort l&rsquo;artillerie lourde pour tenter de sauver son principal poumon vert. Avec le programme Eco Invest, c&rsquo;est une enveloppe colossale de 3,1 milliards de reais (environ 617,5 millions de dollars) qui vient d&rsquo;&ecirc;tre balanc&eacute;e sur la table pour doper l&rsquo;investissement &eacute;cologique en Amazonie. L&rsquo;initiative, qui avait fait grand bruit lors de la COP30, ne cache pas ses ambitions : booster le tourisme durable, muscler les infrastructures et faire d&eacute;coller une v&eacute;ritable bio&eacute;conomie capable de valoriser les ressources naturelles sans les siphonner.<\/p>\n<p>Le m&eacute;canisme retenu par Bras&iacute;lia est plut&ocirc;t astucieux. Le gouvernement joue la carte du financement mixte : le Tr&eacute;sor national pr&ecirc;te aux banques &agrave; des taux ras-les-p&acirc;querettes pour qu&rsquo;elles irriguent ensuite massivement le secteur priv&eacute;. Le pari repose enti&egrave;rement sur l&rsquo;effet de levier. L&rsquo;&Eacute;tat attend des banques qu&rsquo;elles mobilisent quatre fois la mise initiale, en exigeant que les capitaux &eacute;trangers p&egrave;sent pour au moins 60 % de l&rsquo;effort d&rsquo;investissement global.<\/p>\n<p>Le tableau, pourtant, est loin d&rsquo;&ecirc;tre idyllique. L&rsquo;ex&eacute;cutif br&eacute;silien navigue &agrave; vue face &agrave; un Congr&egrave;s frondeur qui n&rsquo;h&eacute;site pas &agrave; d&eacute;tricoter les politiques environnementales et &agrave; menacer les dispositifs de lutte contre la d&eacute;forestation. Face &agrave; cette gu&eacute;rilla l&eacute;gislative, Jo&atilde;o Paulo Capobianco, le ministre de l&rsquo;Environnement, monte au cr&eacute;neau. Il mart&egrave;le que le pays ne d&eacute;viera pas de sa trajectoire de neutralit&eacute; carbone d&rsquo;ici 2050, affirmant qu&rsquo;Eco Invest n&rsquo;est pas qu&rsquo;une simple rustine de communication. C&rsquo;est, selon lui, le seul v&eacute;ritable levier pour concilier enfin la sanctuarisation des for&ecirc;ts et la croissance &eacute;conomique.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La finance dite &laquo; verte &raquo; et la bio&eacute;conomie recouvrent aujourd&rsquo;hui des r&eacute;alit&eacute;s si disparates qu&rsquo;elles peinent &agrave; tenir dans une seule et&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":116,"comment_status":"closed","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[3],"tags":[],"class_list":["post-117","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-ecologie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/sourceinfo.ci\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/117","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/sourceinfo.ci\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/sourceinfo.ci\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sourceinfo.ci\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sourceinfo.ci\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=117"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/sourceinfo.ci\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/117\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":118,"href":"https:\/\/sourceinfo.ci\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/117\/revisions\/118"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/sourceinfo.ci\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/116"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/sourceinfo.ci\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=117"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/sourceinfo.ci\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=117"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/sourceinfo.ci\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=117"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}