Par Connectionivoirienne

 

 

 

 

Ses proches évoquent une astuce pour le maintenir en exil.

Charles Blé Goudé acquitté dans son procès à la CPI et maintenu en Hollande dans l’attente d’un jugement en appel devra à nouveau affronter la justice ivoirienne. L’ancien chef des jeunes patriotes est poursuivi devant le tribunal d’Abidjan Plateau pour »crimes contre des prisonniers de guerre ».

Cette nouvelle poursuite a été notifiée à son avocat Me Bobré qui ira défendre les intérêts de son client dès ce mercredi après-midi au tribunal de première instance du Plateau. L’information qui a circulé sous la fort d’une rumeur a été confirmée par un membre influent de la direction du Cojep, le parti dont Blé est le président depuis la fin du dernier congrès en août dernier.
Pour ce dirigeant du Cojep, cette nouvelle convocation du »chef » a des relents politiques et peut s’interpréter comme le dernier barroud d’honneur pour écarter son leader de la prochaine présidentielle. Il analyse que cet »harcèlement judiciaire » démontre bien que le pouvoir a perdu toute sérénité face à l’appel de Fatou Bensouda qui a peu de chance d’aboutir. »Dans tous les cas, nous restons sereins et nous ferons face à cette affaire avec dignité », ajoute notre interlocuteur.

Une manœuvre politique ?

En même temps que circulait cette rumeur, dans la journée de mardi, un post sur Facebook du député Rhdp Touré Alfa Yaya, alertait sur les manœuvres en cours orchestrées par le camp présidentiel pour éliminer tous ceux qui pourraient barrer la route au Rhdp dans sa volonté de conservation du pouvoir. Il vantait, dans un message codé, le génie politique de son nouveau mentor Alassane Ouattara. Lequel s’apprêterait à éliminer Henri Konan Bédié de la course au fauteuil par modification constitutionnelle, à lancer un mandat d’arrêt contre Soro, à maintenir Gbagbo et Blé loin de la présidentielle de 2020.

Preuve de l’échec des tractations

Cette nouvelle affaire Blé révèle au grand jour l’échec des négociations souterraines qui étaient en cours avec le régime d’Abidjan. Peu avant le congrès du Cojep des contacts de haut niveau avaient été pris pour permettre le retour de Blé dans son pays, vu qu’aucun Etat partie aux statuts de Rome ne voulait l’accueillir. Des propositions lui ont été faites, selon une source bien au fait des tractations. Entre autres, l’abandon de certains éléments de langage tels que »panafricanisme, patriote, souveraineté… ». Autre proposition, Cbg devait se rapprocher du Rhdp, à tout le moins, s’abstenir de gêner le parti présidentiel dans ses déclarations publiques. On comprend depuis lors, le changement de ton de Blé envers le régime et le peu d’engouement à l’égard de la présidentielle 2020. Si Cbg a jugé recevables certaines propositions, il n’aurait pas avalisé les principales. Et la nouvelle poursuite devant les tribunaux tiendrait sa source de là.