La frange du Front populaire ivoirien (FPI, opposition) conduite par Aboudramane Sangaré a appelé mardi à “un grand rassemblement pour obtenir dans l’immédiat l’ouverture des discussions pour la mise en place d’une nouvelle Commission électorale indépendante consensuelle (CEI)” et “la libération de tous les prisonniers politiques”.

“Le Fpi lance un appel solennel au peuple de Côte d’Ivoire, en vue d’un grand rassemblement aux fins d’obtenir dans l’immédiat la libération de tous les prisonniers politiques y compris les prisonniers militaires, l’ouverture sans délai des discussions pour la mise en place d’une nouvelle CEI consensuelle, préalablement à l’organisation de tout nouveau scrutin”, indique un communiqué signé de M. Sangaré.

Aboudramane Sangaré a dénoncé “le zèle” de la CEI, qui s’est lancée dans l’organisation des élections locales prévues le 13 octobre en Côte d’Ivoire.

Le 06 août, le président ivoirien Alassane Ouattara a amnistié “800 personnes” dont l’ex-première dame Simone Gbagbo, condamnées pour des infractions en lien de la crise postélectorale de 2010 à 2011, à la veille de la célébration de l’anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire.

“Une soixantaine de militaires et de membres de groupes armés ayant commis des crimes de sang ne sont pas concernés” par cette ordonnance.

Pour cette frange du FPI, “la libération des prisonniers politiques a été certes amorcée, mais reste inachevée”, exigeant “la libération des militaires”.

Dans sa déclaration, M. Ouattara a également “instruit le gouvernement de réexaminer la composition” de la CEI comme “le recommande la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples” qui avait ordonné en 2016 à la Côte d’Ivoire, de rendre l’institution “conforme aux instruments juridiques régionaux”.

Le camp Sangaré qui observe que cette mesure “n’a pas encore connu un quelconque début de mise en œuvre”, appelle à “aller au-delà de la seule refonte pour traiter des questions touchant au découpage des circonscriptions, à la liste électorale et à la sécurisation de l’environnement des différents scrutins”.

L’opposition ivoirienne dénonce régulièrement la composition de la CEI, se disant “insuffisamment représentée” au sein de la commission dont elle souhaite la réforme.

L’actuelle CEI est composée de 17 membres dont quatre représentants des institutions, trois de la société civile, quatre représentants du parti au pouvoir et quatre de l’opposition.