Les anciens alliés du RHDP sont déterminés à exporter leurs querelles de cour commune à l’international.
Le 7 mai 2019, c’est le Parlement de la CEDEAO qui arbitrait leurs rivalités en donnant tort à Amadou Soumahoro. Le président de l’Assemblée nationale avait introduit une procédure de remplacement de deux députés, Salé Poli et Touré Yah du PDCI-RDA, pour régler ses comptes avec l’ancien parti unique.
Il a fait chou blanc. Selon les textes, “le député qui a prêté serment au Parlement de la CEDEAO en demeure membre et ne peut être ni remplacé ni démis tant qu’il siège dans son parlement national”. 

Après Abuja, Rabat va être le temoin de la guerre au sommet entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro. Les 14 et 15 juin 2019 dans la capitale marocaine, la section Afrique de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie (APF) va désigner le prochain président de l’organe consultatif de la Francophonie. 
Il y aura de l’électricité dans l’air: deux députés ivoiriens sont en lice et briguent le suffrage des parlementaires. 
Le premier est Guillaume Soro.

Président de l’Assemblée nationale de 2012 jusqu’à sa démission forcée le 8 février 2019, il est membre depuis juillet 2013 du bureau de l’APF où il occupe le poste de 1er vice-président. 
Le second, Amadou Soumahoro, est successeur du premier au perchoir. Il a fait acte de candidature pour obtenir l’éviction de son prédécesseur qui est en rupture de ban avec le RHDP. 

La guerre politico-diplomatique fait donc rage. Car non seulement Soro Guillaume est éligible bien qu’il soit devenu un “simple député”, selon ses détracteurs, mais Ouattara ne veut pas (encore) mordre la poussière dans cette confrontation où son image et son influence sont fortement engagées. 
L’APF a donc produit, le 7 juin 2019, un communiqué qui traduit le niveau d’indignité atteint par nos politiques qui se battent comme des chiffonniers et humilient la Côte d’Ivoire. 

En invitant fermement les parties au calme, l’APF les rappelle à l’ordre. Comme au Parlement de la CEDEAO, elle insiste qu’elle ne se laissera pas intimider par les pressions d’où qu’elles viennent et, sans interférence dans la vie politique nationale, elle suivra sa boussole, ses Statuts. 
Ils disposent: “Le président de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie est un représentant d’une section de l’Amérique ou de l’Afrique”.
FB