La commune abidjanaise d’Abobo-Gare ne cessera pas de défrayer la chronique. Hier, c’était “Abobo, la guerre”.
Et comme si ce surnom était prémonitoire, Abobo est devenue “Bagdad City” durant la guerre post-électorale en 2011. C’est ici que le Commando invisible du “général” Ibrahim Coulibaly dit IB et de ses “fongnons” ont installé leur quartier général.
Abobo est aujourd’hui baptisé “ADOland”. Car s’il y a le Yopougon de Gbagbo, il faut le Abobo de ADO (pour Alassane Dramane Ouattara). Et, dans la lutte interne au RDR, un ADOphile, Hamed Bakayoko, a été parachuté (aux dépens des Kandia Camara-Kamissoko et Jeanne Peuhmond, membres du conseil municipal sortant) pour contrer un Sorophile, Koné Tehfour, aux élections municipales du 13 octobre 2018.
Et le député élu de Séguéla (chef-lieu de la région du Worodougou, au Nord-sud) n’y va pas de main morte. Déjà, il a promis qu’à son avènement, il n’y aura plus d’insécurité à Abobo, bastion des “Microbes”, ces délinquants qui écument désormais toutes les communes d’Abidjan.
Sur sa lancée et dans ses envolées, celui qui a été ministre d’État, ministre de l’Intérieur et la Sécurité (tutelle de la Police), et qui est maintenant ministre d’État, ministre de la Défense (tutelle de l’Armée) promet aux Abobolais l’impunité et encourage la désobéissance civile, en exprimant un mépris souverain pour les forces de défense et de sécurité.
“Faites-moi confiance Abobolais. Si vous croisez quelqu’un qui veut vous humilier, si vous croisez un policier ou un gendarme qui veut vous fatiguer, dites-lui ‘attention, je suis la maman, le frère d’Hamed Bakayoko’. Et croyez-moi, je vais veiller à ce que vous soyez protégés et respectés”, a-t-il soutenu. Sans état d’âme.
Ainsi, à l’instar du Vatican en Italie, Abobo court vers le statut d’État dans l’État ivoirien. A l’avènement du Zorro ivoirien, Hamed Bakayoko.
F. M. Bally